Extrait Discours servitudes publiques

Extrait :

« J’estime d’après les règles générales de la nature, que le fumier que peuvent donner les excréments d’un homme, dans le courant d’une année, doit faire produire à la terre sans la fatiguer, autant et en meilleure qualité que ce qu’il en a retiré l’année précédente. La ville de Paris renferme un million d’habitants que la terre nourrit et qui ne lui rendent rien ; au contraire, puisqu’ils préfèrent laisser corrompre leurs excréments et s’en empoisonner.  (…)

« Commençons donc par nous affranchir des servitudes qui nous écrasent et qui nous empoisonnent. Voici donc ma méthode pour me débarrasser de mes immondices et les faire servir à mon plus grand bien, sauf l’avis des vrais savants et amis de l’humanité, que je supplie de se joindre à moi et de féconder mon zèle. Je ne mêle jamais mes excréments avec mes urines ; c’est le point essentiel. J’ai dans ma garde robe, une chaise en forme de bidet, très commode, dans laquelle je m’arrange de façon que mes urines soient reçues dans un vase et mes excréments dans un autre, celui-ci fait de façon à pouvoir contenir une demi-feuille ou un sac de papier collé (le papier qui boit ne vaut rien), qui leur sert d’enveloppe.

« Mes excréments ainsi enveloppés ne donnent plus d’odeur ; je les cache, pendant l’été, dans l’endroit le plus exposé au soleil de mon appartement. Pendant l’hiver, je les arrange sur d’étroites tablettes de fer blanc pratiquées dans l’intérieur de ma cheminée, au niveau du chambranle ; il faut y regarder pour s’en apercevoir. J’ai remarqué avec étonnement, la première fois, que lorsqu’ils sont secs, ils ne formaient pas, au bout de l’an, le volume d’un demi-pied cube. Au fur et à mesure qu’ils sont bien secs, je les enferme dans une boîte, à couvert de l’humidité, les enveloppes me servent pour le même usage, ou j’en allume mon feu. Lorsque ma boîte est pleine, ou même avant, je les donne ou je les vends à mon jardinier, qui m’apporte en retour les plus fines salades, les plus excellents légumes et les meilleurs fruits ». 

Discours contre les servitudes. P 49 & P 67- 68

 

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